Team last minute ?
Pas encore réservé vos vacances ? Il n'est (vraiment) pas trop tard.
Il y a quelques jours, j’ai eu une conversation qui m’a fait du bien avec Laurène Beurdeley, qui pense l’expérience client chez Center Parcs. En charge de la marque et de l’expérience client, Laurène Beurdeley a pris son poste il y a cinq ans, entre deux grossesses et une équipe à réinventer. Depuis, elle observe le groupe évoluer avec ses propres enfants, littéralement : les mêmes lieux qu’elle a vus grandir, elle les regarde grandir avec ses trois garçons. On a parlé vacances, évidemment, mais surtout de temps, de charge mentale, et de cette petite culpabilité qu’on traîne toutes un peu quand l’été approche et qu’on n’a encore rien calé. Voici ce que j’en retiens, pour celles qui hésitent encore ou culpabilisent de ne pas avoir déjà tout organisé.

On peut être « last-minute » et bien organisée quand même.
Laurène me racontait avoir longtemps été spontanée, presque désorganisée côté vacances du genre à tout décider la veille pour le lendemain, comme dans son enfance. Puis les enfants sont arrivés, et avec eux l’impression de « subir » le temps plutôt que de le maîtriser. Ce qu’elle a appris, ce n’est pas à devenir quelqu’un d’autre, mais à transformer cette spontanéité en force : choisir des formats de vacances qui la permettent, plutôt que de se forcer à anticiper contre sa nature. Réserver tard ne veut pas dire mal préparer. Ça veut juste dire choisir intelligemment son cadre.
Le vrai luxe, ce n’est pas la destination lointaine, c’est le temps qu’on arrive à se garder.
Une phrase qui m’est restée, et que je trouve terriblement juste : on n’a jamais eu aussi peu de temps disponible que depuis qu’on est équipés d’outils censés nous en faire gagner. La perception même du temps s’est resserrée, dit-elle, et ça crée une forme de fatigue diffuse, presque permanente. Sa réponse à elle : sanctuariser de vrais temps de pause, pas des activités « pour se prouver qu’on se repose », mais des moments qui ressourcent vraiment, même minuscules, même en apparence banals. Si vos vacances ressemblent encore à une deuxième to-do list, celle où il faut « profiter », visiter, cocher des cases, c’est peut-être le moment de revoir vos priorités plutôt que votre itinéraire.
Un point de chute peut suffire à explorer toute une région.
Elle décrivait un séjour aux Pays-Bas avec ses enfants : un seul logement, des vélos, un train toutes les demi-heures pour Amsterdam, et depuis ce point d’ancrage, un musée un jour, une baignade le lendemain, une soirée bowling le surlendemain. Pas besoin de tout enchaîner ni de refaire sa valise tous les deux jours pour vraiment découvrir un territoire. Plutôt que de multiplier les étapes, elle plaide pour choisir un seul lieu confortable et rayonner autour, châteaux, marchés, forêts à portée de voiture. Moins de logistique, plus de temps réellement vécu, et beaucoup moins de fatigue pour les enfants, qui n’ont pas forcément besoin de « voir » une ville pour en garder un bon souvenir.
Les vacances entre enfants d’âges différents, ça ne s’improvise pas mais ça se pense.
C’est un sujet qui revient souvent dans nos échanges à nous aussi : partir à plusieurs générations ou plusieurs foyers n’a rien d’évident. Grands-parents venus prêter main-forte, copines qui partent ensemble avec ou sans enfants, familles recomposées, mamans solos qui s’organisent à deux pour un week-end improvisé, la vraie question, selon elle, n’est jamais « qui vient » mais « quel logement permet à chacun de garder son rythme tout en se retrouvant au bon moment ». Un grand cottage avec des chambres et salles de bain indépendantes change tout : chacun peut vaquer à son rythme, sans que personne n’ait l’impression de sacrifier ses envies pour le groupe. Un vrai sujet à anticiper si votre été s’annonce à plusieurs foyers.
Se faire plaisir un peu plus que d’habitude n’est jamais du temps perdu.
Elle citait une pub Petit Bateau qui l’a marquée, il y a quelques années : à quoi ça sert d’imaginer des vêtements si on peut rien faire dedans ? Elle en a fait une forme de mantra pour les vacances aussi. A quoi bon en avoir si on ne s’autorise rien pendant ? Un peu de folie mesurée, quelques transgressions sans danger, ce sont souvent les souvenirs qui marquent le plus, dit-elle. Et si on ne s’autorise pas ces instants-là en vacances, on ne se les autorise jamais vraiment.
Et vous, où en êtes-vous de vos préparatifs ?
Alyscamps. Une naissance qui ressemble à un retour, pas à un lancement.
J’ai rencontré Julie Faivre-Duboz quelques semaines (lors de cet évènement au Grace Café) avant cet échange avec Laurène, et j’y ai retrouvé la même sensation : celle d’une femme qui a arrêté de courir après un modèle extérieur pour construire depuis ce qu’elle connaît vraiment. Docteure en pharmacie, longtemps consultante scientifique pour Yuka, elle aurait pu emmener sa carrière n’importe où. Elle l’a ramenée à Arles, sa ville, avec son mari, pour fonder Alyscamps en 2020. Ce n’est pas un projet de marque qui a choisi la Provence comme décor : c’est un projet de couple et de territoire, porté par des pharmaciens d’ici, avec un grand-père très investi dans la vie culturelle locale. Même le nom raconte cet ancrage : Alyscamps, “Champs-Élysées” en provençal, en clin d’œil à la nécropole antique de la ville.
L’identité d’une marque peut tenir dans une lumière.
Ce qui m’a frappée en discutant avec Julie, c’est à quel point l’inspiration ne relevait pas du name-dropping marketing. La palette de la maison, ces jaunes solaires, ces bleus profonds, vient directement de Van Gogh, qui a peint certaines de ses toiles les plus célèbres à Arles. Elle m’a parlé de la boutique, place de la République, en plein cœur historique : un choix de lieu pensé comme une évidence, pas comme une adresse de prestige. On sent, en l’écoutant, que raconter Arles n’est pas un argument de communication mais une manière de continuer une histoire de famille.
Le terroir ne s’arrête pas à l’image, il va jusque dans les formules.
Julie insiste là-dessus : chez Alyscamps, l’huile d’olive de Provence n’est pas un ingrédient parmi d’autres, c’est un choix de filière assumé, tout comme la fabrication, entièrement française. Avec des formules naturelles à 96-99 %, vegan, sans parabènes ni sulfates, elle porte une exigence scientifique qu’on devine héritée de son passage chez Yuka. Le Sérum A, best-seller de la maison à base d’acide hyaluronique, de vitamine C et de bisabolol, résume assez bien sa promesse : de la performance, sans jamais sacrifier la douceur.
Même le parfum a une adresse.
Les fragrances Alyscamps sont composées sur mesure par la maison Robertet, à Grasse (gage de qualité), à quelques kilomètres d’Arles, sous la signature de la nez Maïlis Richard-Royer. Encore une manière de rester dans un rayon très resserré autour de chez soi, plutôt que d’aller chercher ailleurs une caution olfactive. Grandir sans se déraciner, c’est peut-être la vraie réussite. Alyscamps est aujourd'hui distribuée aux Galeries Lafayette Haussmann, où la marque s'est hissée parmi les cinq plus plébiscitées sur cent quarante-six lors d'une opération beauté, et elle poursuit son développement vers l'Asie. Julie me racontait aussi avoir volontairement pensé la gamme comme mixte, pour qu'elle trouve sa place dans toutes les salles de bain, pas seulement celles des femmes. Ce qui m'a marquée en la quittant, c'est qu'elle ne semble pas voir cette croissance comme un risque de dilution. Chaque nouvelle vitrine renforce au contraire ce supplément d'âme qu'aucune formule, aussi clean soit-elle, ne suffit à créer toute seule.
Une phrase qui résume peut-être tout le reste.
En écoutant Esther Perel dans un épisode de Génération Do It Yourself, il y a une phrase qui m’est restée bien après avoir fermé l’appli :
« la qualité de nos relations détermine la qualité de nos vies ».
Rien de spectaculaire en apparence, presque une évidence, et pourtant je l’ai notée immédiatement, comme on note ce qu’on sait déjà mais qu’on n’avait jamais formulé aussi simplement. En repensant à mes échanges avec Laurène et avec Julie, je me dis que c’est exactement ce qui traverse ces deux histoires : ni l’une ni l’autre ne parle vraiment de vacances ou de cosmétiques, elles parlent de ce qu’on choisit de nourrir : un temps de vraie présence avec ses enfants, un lien avec un territoire et une famille. La qualité de vie, finalement, se loge moins dans ce qu’on accumule que dans ce qu’on entretient.
Cet été, j’ai décidé de ne pas me mettre la pression avec les vacances.
Pas par flemme, plutôt par choix (un peu comme Laurène, qui a fini par arrêter de se battre contre sa nature spontanée pour en faire une force). Pas d’itinéraire millimétré, pas de liste de lieux à cocher les uns après les autres. En revanche, j’ai une autre liste, plus intime celle-là : des petits plaisirs que je veux vraiment m’autoriser, sans attendre une occasion particulière pour le faire. Un peu comme cette pub Petit Bateau dont parlait Laurène (à quoi bon avoir du temps libre si on ne s’autorise rien dedans). Voici ce qu’il y a dessus :
Pour moi, seule
Garder du temps pour écrire
Lire au moins 3 livres
Avoir du temps en solo
Faire du dessin ou de la peinture
Pour nous, à deux ou en famille
Avoir du temps en duo avec chaque enfant
Avoir du temps en duo avec mon amoureux, idéalement dans un autre lieu
Aller au cinéma en famille
Pour le plaisir des sens et des soirées
Voir quelques couchers de soleil
Faire une soirée pique-nique à la plage
Faire une soirée fête foraine
Manger des fruits de mer au bord de l’eau
Faire de beaux plateaux apéro
Pour sortir de mon quotidien
Rencontrer de nouvelles personnes
Me déplacer au maximum à vélo
Faire un concert en plein air
Voir une expo
Je vous dirais ce que j’ai réussi à cocher ou non (sans pression). RDV fin aout. N’hésitez pas à me partager votre bucket list de l’été :)
D’ici là, prenez soin de vous









